Le Dieu qui chante, Théopoétique et pratique musicale

publié le vendredi 26 janvier 2018 par
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Joëlle Gouel, Journée doctorale, jeu complet – 13.02.2015

Théopoétique et pratique musicale

La théopoétique se situe actuellement au niveau d’une perception sensible au cœur permettant d’appréhender une nouvelle approche biblique, celle d’ouvrir l’accès à l’étude de l’un des attributs divins, celui de la Beauté (musicale). Maître artisane de l’émerveillement, la théopoétique guide et convie à prendre de la hauteur. En se détachant de la parole, elle comble l’écart et tient lieu de relais, celui de « l’activité de sentiment », que recèlent les textes sacrés : poétique et musique, psalmodie et liturgie. Elle enseigne que le sens du contenu évangélique relève également de la façon formelle qu’elle a de se présenter. Une poétique prise dans son sens large souligne ainsi la valeur existentielle de la musique : de par ses assises profondes et une élaboration déterminée de son matériau de base – la pratique musicale a valeur d’authentique expérience spirituelle. Métaphore de la Création divine portée par l’activité humaine – en l’occurrence celle de ses chantres et musiciens, son histoire, ses usages sacrés et ses dogmes.

Sujet de thèse

Une théopoétique musicale, comme thème de notre recherche, semble être envisageable en tant que concept sous l’angle d’une « discipline qui a ses propres règles, ses publics, ses instances et ses critiques, c’est-à-dire celui d’une pratique dans tous les sens du terme ».

L’audition comme activité de conscience

L’audition comme activité de conscience relève de l’activité de sentiment, elle implique alors un projet d’être et un choix éthique. Il faut nommer à cet effet l’ouvrage d’Ernest ANSERMET, Les fondements de la musique dans la conscience humaine . L’auteur est conduit à penser que l’activité auditive amène à une autre activité de conscience qui donne un nouveau sens au phénomène auditif, et ce ne peut être qu’une activité de sentiment. Il met en étroit rapport « l’abondance du cœur » de l’invention musicale, et la « disponibilité du cœur » de l’auditeur. Sa défiance du sujet se situe en regard de l’attitude intellectuelle qu’il nomme « réflexion seconde », comme raison spéculative et qui « en séparant de l’évènement spontanément vécu […] comporte un péril mortel lorsqu’elle prétend légiférer, lorsqu’elle immobilise l’élan de l’affectivité irréfléchie, ou la relation de réflexion simple qui nous unit aux choses». En parlant du « projet d’être » et du « choix éthique » le Chef d’orchestre indique sa détermination à sauvegarder le choix éthique du message musical alors qu’il explore la grammaire musicale occidentale – une dimension, selon lui, correspondant de la manière la plus accomplie à la nature humaine. Cette recherche des fondements, qui s’étale sur une vingtaine d’années, met en lumière la vigilance comme une responsabilité qui incombe à celui qui procède à la mise en œuvre musicale, quelle qu’elle soit, à savoir le rapport qui existe entre les mécanismes de la forme et de la créativité, la sensibilité du cœur musical et la conscience humaine.

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Plan de thèse

« Le Dieu qui chante, théopoétique et pratique musicale »
Création, histoire et eschatologie, des lieux et de signifiants au Christ-musique

Avant-propos
Introduction
Méthode

ETAT DE LA QUESTION

A. THEOPOETIQUE

B. LA MUSIQUE, PARADIGME BIBLIQUE DE LA CREATION

C. PERCEPTION, SENS ET CONSCIENCE

D. LE CHANT DE L’EGLISE

CONCLUSION : Vers une théopoétique comme discipline de recherche